Eau / mer

Objectif Mini-Transat 2017 avec Thibault

par Thibault Michelin

Concarneau
Actualité N°4 Postée le 27 juin 2017

Mini Fastnet. Eva Luna 7 iem au générale / Récit de la course

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Mini Fastnet. Eva Luna 7 iem au générale / Récit de la course

Dimanche dernier je participais à la Mini Fastnet avec 54 autres bateaux.

Quelle joie de prendre à nouveau le départ de cette course légendaire !

La Fastnet est une course de 600 milles Nautiques. Le but de la navigation est d’aller tourner autour du mythique phare construit sur le rocher du Fastnet, sur la côte sud Irlandaise. Elle se court en double, le parcours dure environ 4 jours.

L’année dernière j’y participais pour la première fois sur le bateau de mon ami « J-J ». Nous découvrions la course en double, plusieurs jours à bord d’un tout petit bateau et finissions la course à la 35ème place.

Cette année, sur mon bateau et avec un peu plus d’expérience engrangée, le contexte n’était pas le même. Pierre Denjean, qui a participé à la première course en double de la saison avec moi, était à nouveau mon équipier.

Ce qu’il faut retenir de la course :

Les deux tiers de la course se sont déroulés travers au vent. Une allure pour laquelle mon bateau n’est pas des plus performants (par rapport aux bateaux de dernières générations à nez rond). Nous le savions avant le départ. Notre objectif : top 10 au minimum. De mon côté, il s’agissait aussi de prendre encore un peu plus d’expérience avec le bateau en vue de la Mini-Transat.

Le premier jour, nous passons la bouée de dégagement dans le premier tiers de flotte, et s’en suit un bord de travers de plus de trente heures… À ce moment-là, nous sommes classés 9ème prototype, et conserverons ce classement jusqu’à la mer d’Irlande.

Après 30 heures de course le vent fini par adonner et forcir. Nous passons la deuxième nuit sous spi Médium à 15 kn de moyenne, 17 kn dans les surfs ! c’est extrêmement grisant ! A cette allure, le bateau décolle complètement au-dessus des vagues, il vole presque… Toutefois, je sens en même temps que le bateau n’est pas si bien réglé. Il accélère très fort dans les risées et plante parfois violemment dans les vagues. J’ai mis beaucoup de surface de voile et peut être pas assez reculé le mat…

Avant d’aller se reposer à l’intérieur, Pierro me lance : « Ouaip… c’est un peu Punk quand même là.. » . Je n’ai pas envie de réduire la voilure tout de suite, je veux pousser le bateau un peu plus. Une heure plus tard, alors que je suis à la barre, j’entends un fort craquement et vois ma vitesse chuter d’un tiers. J’éclaire les voiles avec ma lampe, le spi s’est carrément éventré sur plus de deux mètres. Irréparable. Ce spi était usé et j’hésitais à le conserver pour la Transat, il vaut mieux qu’il claque maintenant. Je renvoi une plus petite voile, règle le bateau à nouveau et nous revoilà parti au planning… Finalement bien réglé, le bateau n’avance pas moins vite.

Nous arrivons en vue des côtes Irlandaises dès le petit matin, le spectacle est magnifique, des prairies, des falaises… un mélange de vert et de noir, on se croirait dans Tintin. Nous passons le phare du Fastnet quelques heures plus tard, un énorme rocher battu par les vagues. Nous affalons le spi et reprenons notre route en direction des côtes françaises.

Pfff…encore plus de 24 heures à parcourir vent de travers… peu d’options possibles. On fait la sieste, on se raconte nos vies, le bateau est exigu et très peu confortable. Heureusement qu’on s’entend bien.

Le lendemain, nous arrivons au niveau du rail d’Ouessant. Point de passage obligatoire pour les énormes cargos qui quittent la Manche pour l’Atlantique. C’est une autoroute, on slalome entre les mastodontes.

Le soir même, le vent se met à mollir et à revenir au portant à nouveau, de bonnes conditions pour nous. Nous envoyons notre plus grand spi, mais la nuit tombe et le vent avec. Il fait très noir, humide, et le vent est très faible… Le spi se gonfle difficilement.

Nous sommes tous les deux sur le pont à guetter les moindres risées pour faire avancer le bateau. Pierre règle le spi, je gère le pilote automatique et contrôle les concurrents sur l’AIS.

(L’AIS est un système qui nous permet de connaître la position, la vitesse et le cap des bateaux à proximité. Initialement prévu pour éviter les abordages en mer l’AIS est une véritable aide en régates pour contrôler les concurrents.)

Avec un peu de chance et d’audace, nous décidons d’empanner pour nous positionner plus à droite des concurrents. Ce choix s’avérera payant. Nous creusons l’écart de 5 Milles avec nos concurrents arrières et prenons une place de plus au classement.

Nous passons donc la ligne d’arrivée Jeudi à 8H59 après 3 jours et 18 heures de course, à la 7ème place.

Je suis désormais 4ème au classement général, la régularité paie et c’est de bon augure pour la Transat ! Je vais désormais prendre une petite pause pour l’été, et reviendrait en Août pour finir de me préparer à fonds !

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